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Lors d'une journée découverte organisée un dimanche d'hiver de ce début 2003, nous avons eu la joie de découvrir en petit groupe le seuil de ce monde équestre à part entière qu'est celui de l'attelage grâce au savoir de Jean-Michel, professeur et juge en la matière : Et venant de lire le tout dernier recueil de nouvelles de Jérôme Garcin (auteur du roman "La chute de cheval" que nous vous recommandons vivement), je ne peux m'empêcher de citer ci-après un passage d'une des nouvelles dans laquelle, il rend hommage à "Papy Coutable" qui lui a fait découvrir la discipline : "Au Brévedent, l'attelage est un monde à part. On s'affaire autour de savants harnais, on ajuste les courroies de timon. On parle aux chevaux d'une voix de stentor. Longtemps, je l'avoue, j'ai regardé passer, le long de nos carrières de dressage ou de CS0, les voitures hippomobiles de toutes tailles avec, sinon indifférence, du moins la curiosité amusée que l'on a pour les spectacles folkloriques, les plaisirs démodés. On vit tous avec des idées reçues. Sorti de ces disciplines traditionnelles, je tiens que le cavalier en a plus encore que les autres. Et moi, dans mon ignorance, je n'imaginais d'araignée, de tilbury, de phaéton ou de break que dans les romans de Dickens ou de Balzac, je ne connaissais de chevaux que montés. Jusqu'au jour où "papy Coutable", comme on l'appelle ici, avec un mélange de tendresse et d'admiration, m'a proposé de descendre de mon Eaubac pour monter avec lui. Je croyais partir en promenade, j'ai découvert un sport, doublé d'une morale. J'ai été fasciné par la puissance de ces chevaux que rien n'arrête dans leur course cadencée? Dans ma naïveté, j'ai appris que, en attelage aussi, il y avait des trots moyens, allongés, rassemblés ou de travail. J'ai été ébahi, entre les cônes disposés dans les herbages, par l'incroyable maniabilité, la légèreté, la souplesse de notre équipage. Et je fus bien puni de mes préjugés : moi qui plaisantais sur l'attitude du groom dont on m'avait octroyé la charge, j'ai négligé, à un moment délicat, de contrebalancer le déséquilibre de la voiture, et je me suis retrouvé, tout penaud, dans la boue, les quatre fers en l'air. On ne me prendra plus à dire que l'attelage, c'est de la balade. Robert Coutabi m'a ouvert les yeux. Il était temps. Et puis, j'aime aussi que, né pendant la première guerre mondiale, cet octogénaire au sang jeune garde en lui quelque chose de cette France d'autrefois, dont parle José Corn dans ses souvenirs désordonnés, celle qui roulait à ciel ouvert accompagnait le vol des hirondelles, bouffait de la poussière le long des chemins blancs (ils n'étaient pas encore, précise Corti, "ces rubans de deuil jetés sur la campagne"), voyait venir la campagne à soi, ne se pressait pas trop pour traverser, dans un joli bruit de chaînettes, les paysages que rien n'avait abîmé. Une France désormais révolue où le cheval était un ami quotidien, un allié substantiel, et un dédoublement de soi." Extrait de " Perspectives cavalières" par Jérôme Garcin aux éditions Gallimard en folio 2003. Les autres nouvelles présentant un intérêt équestre des plus sûr, ce recueil m'a procuré une jubilation que j'espère communicative. Pour en revenir au haras des Hautes Fontaines, notre lieu de détente, j'avoue qu'y découvrir l'attelage m'a permis de confirmer des points essentiels dans la communication avec nos compagnons de destinée et d'assurer ma confiance dans nos relations réciproques. Ainsi, l'importance de la voix et le lien privilégié qu'elle instaure avec le cheval prend tout son relief. S'affirme, alors une vraie complicité... mais attention la vigilance est plus que jamais de mise puisque nos aides et donc nos moyens d'action se trouvent réduits par l'effet d'un éloignement tout relatif, clé d'un paradoxe. Les joies de l'attelage et l'apprentissage de ses règles strictes nous replongent dans la béatitude de nos manèges là va selon nos désirs de grands et bien sûr selon notre dextérité. Alors, venez faire travailler et donner du plaisir à nos deux championnes de la traction hippomobile, j'ai nommé votre belle doyenne ardennaise Vaillante, protégée par Monsieur Henri notre meneur emblématique intarissable sur le sujet et toujours à l'affût d'une histoire épique lorsqu'elle n'est pas hippique. Ces deux là s'embrasse à qui mieux mieux, bien sûr Henri avec la permission de Jeannine et Vaillante aidée par le souvenir de savoureux gâteaux secs, s'il vous plaît et par kilos. Rendons hommage à Magali et Serge, en citant la belle Cécilia, superbe jument trait du Nord de une tonne deux cents de présence tranquille et encore bien plus de gentillesse... l'amour, le travail et la patience de l'homme a certes contribué à la réalisation de ce miracle, point clé de notre admiration envers nos compagnons. Alors, "HU, DIA, HUO ! Bon Guieu d'cochon, Bon Guieu d'chameau !" N'hésitez plus rejoignez-nous d'autant qu'un cours d'attelage vient de s'ouvrir tous les samedis matins. * : Extrait du poème "Le charretier" de Gaston Couté que vous pouvez redécouvrir avec bien d'autres dans le recueil de Jean-Louis Gouraud au cherche midi éditeur. Un élève meneur |